Libelle 1 – Chapitre 1 (1ère partie) : les polluants urbains


Le plus détaillé des inventaires en matière de pollution de l’air est produit par Airparif, région ile de France édité en mai 2016 sur l’année de référence 2012. L’analyse de ce document nous dévoile ce qu’il y a de pire sur le territoire. Pourquoi? parce que Paris et sa région est de loin la plus polluée de France en ce qui concerne la pollution atmosphérique. « Camille » me dit ma plume (en fait mon clavier), « reste sur ton sujet principal, tes lecteurs s’essoufflent, tu vas les perdre ». A quoi je réponds : « si mon lecteur s’essouffle sur un sujet pareil, c’est qu’il est possédé par le sujet et je le sens tout émoustillé à l’idée de faire un petit crochet sur les chemins de la réflexion transversale ». Je l’invite à respirer à fond, le choc va être rude, voici la question : « Pourquoi la région Ile-de-France où la pollution atmosphérique est la plus sévère du territoire, où la pollution des sols est pire, est aussi la région où les hommes vivent les plus vieux en France (malgré les 47 000 décédés/an dont l’espérance de vie se voit tronquée par l’émission de particules, c’est vous dire… ) ? ». Voilà une question qui vaut à elle seule un chapitre ou même un prochain libelle ! Quatre ans et demi de plus d’espérance de vie qu’au dessus, dans la région justement nommé Haut de France, dans le département du Nord et du Pas de Calais. Je repose ma question, elle le mérite : « pourquoi en Ile de France, polluée du sol au plafond, nos séniors barbotent-ils heureux plus longtemps qu’ailleurs au milieu des nox , des cov , des PM10 et PM25 enveloppés de CO2, de vapeurs de toutes sortes où le plomb, l’arsenic; les métaux lourds, l’aluminium voltigent dans une danse invisible mortelle ! » .

Force est de constater que l’Ile de France, région de la mort sur le papier, permet de respirer plus longtemps qu’ailleurs en France et ca depuis bien avant la création de la vignette crit air !

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Note de l’éditeur: Appel aux lecteurs, si vous désirez répondre à cette question posée par Camille De Bon Sens, nous mettrons en ligne vos réponses, même les plus improbables comme celle ci : ‘ »bin oui, c’est normal,à Paris ils sont tous parisiens » ou encore celle là : « c’est à cause que s’qui mange, que des trucs sous vide et surgelés c’est plein de conservateurs, ça les conserve en forme longtemps, plus que les légumes de nos jardins ».

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Portons notre attention sur quatre polluants : les particules fines, les covnm, le nox et bien que n’entrant pas dans les modalités d’attribution de la vignette crit’air le CO² .

PARTICULES FINES : seulement 9% de ces particules… sortent des pots de nos voitures particulières.

Airparif donnent des pourcentages globaux pour comparer les émissions de polluant de différents secteurs d’activités, mais simultanément Airparif donnent des pourcentages concernant les émissions de polluant de sous catégories à l’intérieur d’un même secteur, ce qui peut prêter à confusion.

Il va falloir rentrer dans le détail, indispensable si l’on veut s’émanciper des propos des mécrédias, cela demande un minimum d’attention. C’est parti !

Les trois principaux émetteurs de particules fines en Ile de France sont :

  • pour 36% le duo agriculture/chantier de construction et ses carrières,
  • pour 28% le trafic routier (attention ce secteur regroupe voitures particulières, les autres véhicules du trafic mais aussi les particules issues des frottements internes ou externes aux véhicules durant le transport), et suivi de près.
  • pour 26% par le secteur le résidentiel /tertiaire.
  • pour 10% divers trucs

En 2012, l’échappement des véhicules particuliers diesel contribue pour 8% aux émissions de particules fines franciliennes… oui, vous ne rêvez pas, cette information figure dans les petites lignes explicatives du document détaillé d’Airparif publié en mai 2016 sur des relevés faits en 2012, rapidement suivi d’une phrase opaque : « A l’échappement, les véhicules diesels sont responsables de la quasi-totalité des émissions de particules du trafic routier ». Cette conclusion « quasi » exacte brouille la clarté des faits mais ne change rien: seulement 8% des émissions de particules fines sont dues aux véhicules particuliers diesel en Ile de France, contre 11% par l’abrasion des routes, l’usure de pneus et des plaquettes de frein auxquelles participent les véhicules particuliers (à parts égales diesel et essence ), les poids lourds, les bus, les utilitaires légers, les véhicules électriques, les deux roues à moteur comme à pédales. Les véhicules utilitaires légers et les poids lourds sont responsables respectivement de 5% et 2% des émissions régionales. Enfin le plus polluant avec 36% des émissions de particules fines dans la région Ile de France le duo suivant : secteur agricole à hauteur de 18%, secteur chantiers et carrières à hauteur de 18%.

A l’intérieur du secteur « trafic routier » les responsabilités en matière d’émission des particules fines pm10 sont les suivantes en Ile de France: 41% abrasion des routes/pneus/freins, 33% véhicules particuliers diesel/essence, ( moins de 1% pour l’essence ), 16% véhicules utilitaires légers, 9% bus/car/poids lourds, 2% deux roues . C’est ce pourcentage de 33% qui est cité sans cesse par les mécrédias, pour le scoop/spectacle sur le dos de la voiture, sans en expliquer l’origine. Il n’est qu’un pourcentage représentant une partie des 28% de particules fines émises par la totalité du trafic routier, abrasion comprise !!!

Toujours dans l’inventaire détaillé d’Airparic un petit chapitre significatif de la relativité de ses chiffres attire d’abord mon attention puis m’effare : « Il est important de rappeler que les particules présentes dans l’air ambiant sont non seulement des particules primaires mais également des particules secondaires, produites par réactions chimiques ou agglomération de particules plus fines, qui représentent de l’ordre de 30% des PM10 et de 40% des PM2.5 mesurées dans l’air ambiant. Par conséquent, la contribution des différents secteurs d’activité aux émissions primaires ne reflète pas celle qui sera présente dans l’air ambiant ».

Donc ces données, ces pourcentages sont en quelques sorte déconnectés de la réalité de notre air ambiant. Je suffoque… sans lien avec les NOx, les COVNM et autres CO², un manque d’air produit par une colère sourde, doublée d’impuissance m’asphyxie. Pourtant ce sont ce type d’inventaire, me dis-je, et leurs chiffres qui servent aux commissions pour préparer les documents préliminaires servant à bâtir des projets de loi, comme par exemple pour voter le malus écologique ou la vignette crit air dans sa forme actuelle. Si nos ministres considérés comme déconnectés de la vrai vie basent leurs décisions sur des documents préparés à partir de dossiers avertissant, le lecteur à mi-lecture que son contenu ne rapporte pas ce qui se passe sur le terrain, pour faire court, on vous avoue que c’est vrai en théorie, mais c’est sans doute parfaitement faux sur le terrain, je vous (re) site la phrase : « Par conséquent, la contribution des différents secteurs d’activité aux émissions primaires ne reflète pas celle qui sera présente dans l’air ambiant ». Je disjoncte ! Et j’ai laissé de coté l’effet des courants d’air dû à la circulation (j’ai pas voulu développer la dessus… mais c’est écrit dans le doc d’Airparif : l’effet courant d’air bien qu’important est mis à l’écart de cet inventaire).

-standby-

Après plusieurs relectures, j’ai abandonné mon libelle dans une chemise sur le coin de mon écran, plusieurs jours préférant me consacrer à mes radis noirs…

En attendant la suite, je vous livre un autre sujet de réflexion concernant les particules fines :

En surface, l’alerte particules fines est lancée à partir de 80 micro grammes. A partir de là, on commence à interdire les bagnoles avec les « vignettes Crit Air dernier de la classe ». Pendant ce temps, en sous sol, dans le métro, aux heures de pointes le bain de particule est très dense, au dessus de 100 micro grammes, il monte souvent à 180 avec des pics grandioses comme celui relevé en janvier 2015 à la station Chatelet 1000 microgrammes (source lefigaro.fr). Quand je pense à tous ces seniors,croisé dans le métro, joyeux d’avoir la plus longue espérance de vie de France, je me dis qu’il ne faudrait surtout pas leur dire qu’ils respirent un air 15 fois plus pollué qu’en surface qui est déjà le plus pollué de France… ça pourrait les tuer !

a suivre….

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