Libelle 1 / Chapitre 1 (introduction): l’auto pollue, la vignette CRIT’AIR ne manque pas d’air

Dernière punition pour l’automobiliste fautif après le malus écologique dont nous venons d’analyser « l’équitabilité » : la vignette crit’air.

Vignette crit’air : meilleure façon de lutter contre la pollution urbaine ? Non, vice de forme : voyez par vous même .

Les spécialistes à l’origine des normes euro depuis 1992 ont établi un plan de réduction jusqu’en 2021 des rejets de divers polluants sortant des pots d’échappements de nos voitures, dont le carbone. Le carbone c’est -CO- à ne pas confondre avec le CO2, ce point est important à retenir, il sera développé plus loin.

De tous les polluants urbains, le plus médiatisé est la particule fine. Cette médiatisation de type spectaculaire (relire la  »société du spectacle » de Guy Debord) amène à mettre les véhicules diesel au centre de la scène noire de particules. Grace au  »dieselgate », sorte de série audiovisuelle mécrédiatique, largement suivi par un public d’automobilistes terrorisés par le no futur de leurs bagnoles diesel, déçu par la chute des premiers épisodes, industriels coupables de pollution cachée à leurs clients mais toujours en liberté, les automobilistes dans le même temps spectateurs deviennent les losers de la série, acculés à laisser broyer leurs voitures diesel pour une prime pas épaisse au regard du prix d’une neuve soit disant aux normes et de leur revenus pas du tout aux normes.

De scoop en communiqués, d’émissions spéciales en document/fiction l’angoisse commence à gagner toutes les classes de spectateurs possesseurs de véhicules diesel. L’urgence de détruire le parc des voitures particulières diesel de plus de 20 ans a d’abord fait marrer ceux qui avaient des modèles de moins de 15 ans, qui à leur tour se sont trouvés sur la liste. Riaient encore ceux dont le véhicule avait moins de dix ans .

Si vous êtes pressé, passez le chapitre ci dessous, d’une tristesse sans pareil, où les rêveries de l’automobiliste solitaire se perdent dans l’utopie d’une lutte collective sans pare choc.

A l’annonce qu’en 2025 le parc diesel devait être entièrement broyé, plus personne ne riait et là, ce fameux sursaut révolutionnaire où la légendaire solidarité française enviée par tant de peuples s’est enfin éveillée, les automobilistes sans distinction de classe (de carburant) et de couleur (de carburant) de section de pot (catalytique) sont montés des campagnes sur la capitale épauler leurs homologues parisiens… faire stopper cette casse, monstrueux gaspillage… au cout global si énorme qu’aucun mécrédia n’a osé le divulguer.

– fin du chapitre lacrymal –

Nos mécrédias toujours prêts à rendre service à leurs financeurs privés et subventionneurs publics, ont déployé tout leur savoir faire pour rendre l’information encore plus spectaculaire au point qu’il m’ arrivait parfois de ne plus savoir si j’étais sur Arte, TF1 ou Netflix, tant les documentaires étaient spectaculaires et colorées, de ne plus être sûr de lire un des quotidiens français à l’écoute du monde ou une BD Marvel, tant les raisonnements orientés des super héros interviewés étaient édulcorés.

Pour asséner le coup final, accentuer encore le spectaculaire, charger l’accroche narrative au max (storystelling) tel un conte fantastique, les mécrédias dévoilent la grande  »vérité » et optimisent le travail de sape entamé : 47000 personnes meurent chaque année, EN FRANCE, par la faute de bruleurs de gazoil assassins. Là, certains inconditionnels du diesel craquent et débutent leur  »auto-critique » :  » oui je lâche mon increvable voiture diesel, exempt d’électronique ou tout est réparable avec une simple clé et un tournevis, sans prise pour box à diagnostic farfelu, parce que vous m’avez ouvert les yeux, je suis co-responsable de la mort de 47000 humains chaque année.

Le possesseur de diesel résistant devient le serial killer, dans le viseur des mécrédias. Les 50% de possesseurs de modèles essence, rejoints par les 10% d’anciens conducteurs de diesel repentis, les consommateurs de E5 ( sp 95/98 ), le montrent du doigt parce que leur grand mère ou leur fils n’arrivent pas à respirer par leur unique faute… bien soulagés d’avoir devant eux le vrai coupable, ces automobilistes  »presque propre ». Ils se sentent… comment dire… blanchis, libérés du crime par pollution, est-ce bien exact ?

Nous allons tout d’abord examiner chaque constituant du cocktail polluant émis par l’ensemble du parc automobile puis les comparer aux volumes émis par chacun des six autres gros pollueurs de l’air ambiant. Ensuite nous localiserons quels secteurs du territoire français sont touchés par chacun des principaux polluants en interprétant les données fournies par la carte de France complète Dom Tom inclus, fourni par www.ecologique-solidaire.gouv, enfin nous comparerons en situation réelle diesel et essence pour un même modèle.

Mais je vous le dit net, la solution ne serait elle pas de s’abstenir de prendre la voiture particulière en centre ville? La solution britannique consistant à rendre l’accès au centre de Londres payant a transformé le cœur de Londres en exposition permanente des dernières limousine roadsters cabriolet et 4×4 de luxe fonçant autour des fameux bus rouges. Et d’offrir, me confit Mary Elizabeth, une satisfaction à perdre son flegme quand elle pénètre dans la zone de congestion au milieu des bus rouges pour 8£ ( env. 9€10 ) et de jouir d’un air pur au cœur de la capitale toute une journée, si elle le désirait. 8£ et jusqu’à 12£ fut un temps, est-ce la bonne solution ? Et coté pollution, l’amélioration est-elle aussi sensible que se l’imagine Mary Elizabeth? Le bilan des 14 années parle de lui même : la circulation au cœur de Londres n’a baissé que de 16% et s’est reportée autour du centre avec des bouchons encore plus féroces. La pollution est globalement identique, et le temps passé dans les bouchons aurait augmenté dans certaines zones. Qu’elles soient diesel, électrique, essence ou à pédale, si le nombre de véhicules reste le même ou augmente, les heures d’embouteillage seront identiques, les 90 heures par personne/an, soit l’équivalent de deux semaines et demi de travail passés par tous les automobilistes franciliens dans les bouchons seront toujours aussi irrationnelles.

Y aurait-il une consolation en matière de polluants respirés pour ces conducteurs passant deux cents millions d’heures par an immobilisés dans une boite à roulettes si celles ci étaient électriques , à air comprimés voir à pédales?

Eh bien non puisque… 85% des particules fines proviennent des six autres sources d’émission que la voiture ! La diminution d’émission de particules fines permise par la destruction des voitures particulières diesel via  »crit’air » serait d’à peine 15%, indique un article de septembre 2018, non signé sur le site officiel de la vignette crit’air, en soulignant, je cite : « le coté considérable de cette diminution ». Par ailleurs ce même article introduit le sujet comme ceci :  » La vignette crit’air a été créée dans le but de favoriser l’utilisation des voitures produisant moins de carbone  ».

Il est à noter que la norme n’aurait pas été prioritairement conçue pour favoriser l’utilisation de voitures produisant moins de nox, de COVN et autres polluants beaucoup plus spécifiques à l’automobile ! Mais sait-on de quel carbone on parle ? Du CO et non du CO2. En effet, la législation automobile européenne ne considère pas le CO2 comme un gaz polluant direct puisqu’il résulte naturellement de la combustion de matières carbonées . Le gaz carbonique, principal polluant humain entrant dans le processus de réchauffement climatique est absent des polluants pris en compte par crit’air.

La voiture et quasi exclusivement les diesels produisent 15% de la totalité des particules fines nous indique crit’air. D’où proviennent alors les 85 % restantes? La revue Sciences et Avenir nous donne la réponse. Les particules fines sont produites pour 2 % par la transformation de l’énergie (tu brules du fuel pour faire de l’électricité pour les bagnoles électriques  »propres » vignette verte ), 31% par l’industrie manufacturière ( tu fabriques des bagnoles), 30% par le résidentiel et le tertiaire (tu chauffes bureaux et apparts au fioul), 20% par l’agriculture et la sylviculture ( tu réchauffes les serres de fraises pour en manger l’hive), 15% par le transport routier (ta prochaine voiture arrive en camion chez le concessionnaire) et 2% par d’autres mode de transport (tu pars pour le week-end à San Francisco en avion pour 80€ A/R ).

Malgré le ton taquin, propre à mon style de folliculaire à gage, le tragique de situation commence à prendre le pas sur le comique et pour le sujet central, la bagnole, se profile l’anarque… Faudrait peut être creuser et voir pourquoi les pouvoirs publics n’ont pas opté pour réduire la densité de particules fines sur ces 85%, avant de faire broyer 50% du parc automobile français. Combien de tonnes de gaz carbonique et de particules fines seront émises pour broyer dix neuf millions cinq cents soixante dix mille voitures en état de marche pour beaucoup d’entre elles, combien d’énergie grise pour en fabriquer l’équivalent et combien de manque à gagner pour chacun des automobilistes obligés de racheter une voiture dite propre ( cf dieselgate, Wolksvagen et les autres ).

J’ai décidé de creuser. Voici ma méthode. Nous venons d’avoir les pourcentages d’émission de particules par secteur que consomme ces secteurs en pourcentage pétrole. Apparaitra immédiatement les gros émetteurs de particules et les moins pollueurs. Voici la consommation de carburant par secteur : 17 % par la transformation de l’énergie, 6% par l’industrie manufacturière, 9% par le résidentiel et le tertiaire, 3% par l’agriculture, 41% par le transport routier et 11% par d’autres modes de transport. Pour en terminer avec cette vignette qui préfigure les démocratures toutes proches, premier visage de l’écofascisme proche, l’article suscité dévoile un troisième polluant jusqu’ici passé sous silence, l’ozone.

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