Libelle 1 – Chapitre 1 (partie 2) : le mode de comptabilité

A ce stade pour avancer, Il convient de :

  1. bien démêler les seuils, les valeurs et leurs variables utilisés par Airparif,
  2. croiser les données de différents organismes de prévention,
  3. garder son bon sens,
  4. comprendre les correspondances entre les unités de mesure aux échelles multiples rendant difficile les comparaisons de relevés d’un organisme à l’autre sur le même polluant. Le lecteur ordinaire, tel moi, se prend toujours les pieds dans le tapis avec des valeurs apparemment sans lien, il va falloir que cela change.

1- Seuils et valeurs de pollution : Airparif est obligé d’avoir de d’imagination. 

Rendre un inventaire sur la pollution en Ile de France pour satisfaire aux besoins de tous ses partenaires publics ou institutionnels sans pour autant contourner les résultats obtenus à partir des relevés de pollution en Ile de France est un travail de funambule. Airparif relève le défit grâce à une palette de termes diversifiés, répondant à ces besoins mais rendant opaque le discours.

Airparif donne trois valeurs de seuil, voir quatre et deux variables, ce qui permet de manipuler plus de dix seuils de pollution suivant les besoins des conclusions nécessaire :                                           

a) le seuil d’information : à ce seuil, Airparif informe que l’on va bientôt rentrer dans une phase de pollution faible, mais on y est pas encore, cependant le jour ou le seuil d’information est communiqué, il compte comme un jours de pollution dans le bilan d’une année. En effet en 2017, dans le rapport Airparif on peut lire 12 jours d’alerte à la pollution en Ile de France, 9 sont comptés sur la base du seuil d’information. Donc, en réalité, il y a eu trois jours d’alerte pollution réelle sur l’Ile de France .

b) la valeur cible : ce seuil répond à l’exigence française de base (de 25% plus sévère que l’Exigence européenne )

c) le seuil appelé critique ou valeur limite annuelle: ce seuil répond au niveau fixé par l’Europe en matière de pollution, remarquez qu’il est associé à une variable : le temps, ici la valeur est l’année ( voir plus loin unités de mesure).

d) le faux seuil «objectif de qualité» français ( 50% plus sévère que la valeur cible déjà 25% plus sévère que la valeur européenne … ) en effet il s’agit comme son nom l’indique d’un objectif et non d’un seuil d’alerte .

Les variables : La distance pollueur/ pollué est la deuxième variable sur laquelle il faut porter son attention lorsqu’une information catastrophique est donnée. Rappelons la première, le temps, utilisée tantôt en année, tantôt en jours, tantôt en heures, voir en minutes pour les durées d’exposition en situation professionnelle.

Voici les conclusions d’Airparif suivies de mes questions et remarques concernant les émissions de particules fines de type PM 2,5 émises par l’ensemble des pollueurs en Ile de France présentées dans son rapport : «SURVEILLANCE ET INFORMATION SUR LA QUALITÉ DE L’AIR EN ÎLE-DE-FRANCE BILAN ANNÉE 2017»

Conclusion N°1 : «10 millions de Franciliens sont potentiellement concernés en 2017 par le dépassement de l’objectif de qualité français (fixé à 10 μg/m). Les teneurs sont en moyenne 1,2 fois supérieures à l’objectif en situation de fond (éloignée des axes de circulation) et jusqu’à 1,6 fois en proximité au trafic routier  ». La conclusion première faite par Airparif indique que quasiment toute la population de l’Ile de France dépasse le seuil et près des axes c’est pire, bref la pollution aux particules fines est partout au dessus du seuil entre 1,2 et 1,6 fois. La variable «distance» pollueur/pollué entre en jeu. Proche des grands axes on est plus exposé qu’ailleurs, cela concerne une très faible tranche de la population francilienne en fait cent mille personnes. Pour ces cent mille personnes, il serait souhaitable de les accompagner vers des lieux de vie plus agréables. Elles ne représentent 0,0082 % de l’ensemble de la population francilienne et 0,0015% de l’ensemble de la population française il doit être aisé de leurs ouvrir les portes d’un des 120000 logements vacant de la capitale, sans avoir besoin de réquisitionner l’une des 97000 résidences secondaires parisiennes vides s’ajoutant aux 120000 logements précités. Seulement cent mille personnes sont 1,6 au dessus de l’objectif qualité France (un objectif est une forme de but, un performance , pas un seuil d’alerte de pollution).

Cette performance qui en a eu l’idée et pour quelle raison ? 1,6 au dessus de l’objectif «qualité français» ne représente en réalité que 80 des 100% des émissions de particules PM 2,5 qui déclencherait une alerte pollution de type «seuil critique». Donc même à 1,6 au dessus de l’objectif « qualité France» on est 20% au dessous du seuil de pollution français ! Donc si l’on se borne à la pollution PM 2,5 on pourrait laisser ces 0,0015% au bord des axes routiers, mais le bruit étant lui largement au dessus du seuil tolérable, l’idée de leur proposer un autre logement devrait leur plaire. Mettre en avant la proximité d’une poignée de personnes, des grands axes de circulation c’est montrer du doigt sans le nommer le transport routier. Pourquoi le transport routier alors que le secteur résidentiel est plus polluant en PM 2,5. Il est à parier qu’il y a plus de personnes en situation de proximité avec ces particules dans le cœur des villes et dans le métro. En effet dès qu’il y a des travaux dans le métro, un immeuble en construction ou en démolition dans un quartier, dans un rayon parfois important, la densité des PM 2,5, mais aussi des PM1,0 augmentent de façon considérable ( un cas d’espèce répandu : métro aux heures de pointes + réfection de ligne = multiplication des seuils d’alerte de dix à vingt fois parfois plus…) .

Conclusion n°2 : ( elle suit la première que je viens de décrypter)  » Le dépassement de la valeur cible en PM 2.5 (20 μg/m) est peu probable sur l’ensemble de l’Île-de-France  ». En informant sur ce seuil dans une petite phrase très courte.
Airparif glisse que finalement ce seuil ne semble pas avoir été dépassé ( plus sévère de 25% par rapport au seuil de pollution retenu par l’Europe ) pratiquement personne sur l’année 2017 n’a été touché par les PM 2,5 probablement que seul l’auto-stoppeur au bord du périf est supposé passer ce seuil sur une durée qu’on lui souhaite très courte !

Conclusion n°3 : ( elle suit la seconde ) : «Le seuil de la valeur limite annuelle (25 μg/m) est, quant à lui, respecté pour la quatrième année consécutive». Airparif glisse l’information primordiale, une  bonne nouvelle pleine d’espoir en fin de paragraphe sans développement, on aurait aimé en savoir plus ! Mais là en fin de chapitre, sera-t-elle lue ? sera-t-elle partagée?

Ma conclusion: Pourquoi trois profils de conclusions autour des émissions de particules fines PM 2,5 et dans quel intérêts?
La conclusion  »catastrophe »  s’appuie sur le dépassement d’une valeur arbitraire qui n’est autre qu’un challenge mais en aucun cas un seuil de pollution validé en Europe. Ce choix amène à faire passer au second plan le fait que la pollution au PM 2,5 est absente en Ile de France depuis quatre ans.
Mettre en avant le dépassement d’un objectif qualité dont le seuil ne correspond à aucun type d’alerte pollution ( peut être issu des recommandations de l’OMS ? ), en profiter pour citer et tacler une fois de plus le transport est de toute évidence volontaire.

Après avoir fourni aux mécrédias les éléments de langages et des interprétations spectaculaires que certains pourraient assimiler à des fakes news  («dix millions de franciliens potentiellement touchés, dépassement jusqu’à 1,6»), les deux informations importantes et sereines passent inaperçues. J’avoue qu’à la première lecture j’ai failli tomber dans le panneau !

Écrivons ces bonnes nouvelles en gros caractères :

PAS D’ALERTE POLLUTION AUX PARTICULES FINES PM 2,5 EN ILE DE FRANCE valeur limite annuelle non atteinte DEPUIS QUATRE ANS ! valeur cible non atteinte en 2017,

2 – Croiser les données

 Il s’agit de sélectionner les organismes pouvant fournir des informations précises pour être croisées avec les seuils d’alerte proposés par Airparif dans des situations de pollution similaires. Ici on été consultés, l’INSERM seul organisme public de recherche français entièrement dédié à la santé humaine, les registres communautaires relatif à la santé édités par la commission européenne et quelques autres organismes toujours nommés tel l’OMS .

3 – Le bon sens

L’usage du bon sens s’appuie en premier lieu sur la distance par rapport à tel ou tel source pour laquelle on accorderait plus facilement son crédit. En ce qui me concerne , je dois faire l’effort de rester à distance de mes affinités écolos. Des organismes aux objectifs parfois contradictoires vont donner des informations, des statistiques des relevés, des seuils sur les mêmes faits, produits, situations. Se donner les moyens de comparer ces informations de se relever les interrogations qui apparaissent d’elles mêmes voilà ce qui est de l’ordre du bon sens et vous allez être surpris du résultat .

Exemple : extrait du dossier ADEME de mars 2017  » Qualité de l’air et chantier de BTP  : « Le bilan de la qualité de l’air en France en 2015 montre que, même si la qualité de l’air s’est améliorée durant ces quinze dernières années et est plutôt bonne par rapport à d’autres pays, notamment les pays émergents, les niveaux de pollution aux particules restent sensiblement supérieurs à ceux recommandés par l’OMS et des dépassements de valeurs limites européennes sont constatées sur quelques sites pour les particules (PM10) et le dioxyde d’azote (NO2) ».

Nous retrouvons dans ce bilan de l’ADEME une construction semblable à la conclusion d’Airparif analysée précédemment, c’est à croire que tous nos bac +5 voir +7 ont été formés pour mettre en avant le détail catastrophique au détriment de l’ensemble qui va bien !
En effet, après lecture rapide, dans de mauvaises conditions, disons coincé dans le métro, stressé par un retard de rame, on aurait tendance à retenir ce qui agace : «ça va mal coté pollution même si ça va mieux, on balance trop de particules, au dessus des seuils préconisés par l’OMS, on va encore allonger la liste des morts prématurés».

J’aime cette formule,  «morts prématurés» : quand peut-on affirmer qu’une mort n’est pas prématurée ? La mort arrive toujours trop tôt, justifiant, à tord, tout cet acharnement thérapeutique. La prolifération de la pollution au glucose, dans les plats préparés, au même titre que le sel, engendre combien de morts prématurés? Pour ne prendre qu’un exemple.
La nourriture est partout, l’obligation de se nourrir est identique à celle de se déplacer, de respirer. Les plats préparés sont le lot commun de la nourriture francilienne, l’obésité et le diabète, l’hypertension,  sont à l’origine de combien de morts prématurées….existe-t-il un organisme type « Sucrparif »‘ ou « Selparif » dont le but serait de contrôler sur tout le département, les seuils d’alerte au glucose, au sel ? Est-ce simplement parce que les vapeurs de sucre, de sel n’existent pas, de ce fait,  le polluant reste dans le carburant (une pizza surgelé tartinée de sauce tomate chargée en sucre/sel est une forme de carburant !) le polluant va directement impacter le véhicule (en l’occurrence notre organisme ), le polluant ne se répand pas dans l’espace public, le polluant en quelque sorte est à usage privé ! Difficile de faire porter la responsabilité à l’Etat, de cette pollution. La fumée de cigarette a posé le même problème à l’Etat. L’alcool non, l’alcool procède du même schéma que pour le glucose ( en grec glukos veux dire vin liquoreux…) Aller plus loin serait hors sujet, mais vous pouvez méditer sur le sujet et à votre tours proposer un avis voir écrire un libelle sur ce sujet.

Reprenons la lecture du bilan de l’ADEME assis, calme, un verre à la main, fauteuil relax, notre humeur change, nos filtres aussi, apparaissent après réflexions, les bonnes nouvelles, par exemple le connaisseur remarque l’absence d’information sur les particules fines PM 2,5 de ce bilan de l’ADEME. Malheureusement, seul le connaisseur identifiera cette absence, il n’est pas dit : «bonne nouvelle aucune pollution aux particules fines PM 2,5».
Autre information importante: les seuils d’alerte de l’OMS plus sévères ne sont pas atteints non plus ! Ozone et PM1,0 dépassent un peu les seuils OMS, mais pas les seuils européens sauf par ci par là.

Après avoir relu ce texte avec cet état d’esprit, l’individu calme s’étire se ressert un verre de jus de pomme, en se disant qu’il fait bon vivre en Europe plutôt qu’en OMS où les seuils plus sévères amènent à être dans la pollution plus souvent !!! (sic ) … 
Cette dernière remarque pleine de bon sens, mais plutôt taquine, nous pousse à relativiser les seuils de pollution des uns et des autres. Qui définit ces seuils, pour quels objectifs ? Les objectifs sont certainement différents, sinon il ne devrait pas y avoir de telles différences.
Par exemple les seuils proposés par l’INSERM pour les chantiers BTP (bâtiment et travaux public ) sont bien supérieurs. A noter, la variable temps utilisée par l’INSERM pour les calculs de seuils en milieu professionnel est de huit heures et non plus de 24 heures. Cela veut-il dire que l’ouvrier doit une fois atteint, durant ses huit heures un niveau maximum de polluant inspirés, retenir son souffle le reste de la journée ?On peut aussi trouver des chiffres exubérants comme ce seuil d’alerte en PM 1,0 sur les chantiers btp de Baltimore 445µg/m3…. ( quarante quatre fois plus élevé que le seuil de l’OMS ).
En diffusant ce chiffre tel quel, je tombe à mon tour dans le spectaculaire ! Voici «Camille De Mécrédia» qui sort du bois ! Le mal est fait, vous allez vous souvenir de ce chiffre record et oublier un peu tout le reste parce que vous êtes conditionné au spectaculaire ! Alors qu’il est inutile en soit non démonstratif. Il va falloir faire des efforts, chers lecteurs pour vous «dépolluer» de cette addiction aux chiffres et éléments de langage véhiculant du spectaculaire plutôt que du sens et de la valeur. A vous d’être vigilant .

4 – Les unités de mesure : la valse des µg ( lire microgramme ). 

Ici les sous-multiples du gramme, associés à une valeur d’exposition en jour ou en heure. Le sous-multiple du gramme le plus souvent employé est le µgramme . Un µgramme est égal à 10-6 grammes.

Exemple : 50µg = 0,00005 g = 0,05 mg. La difficulté de comparaison des valeurs fournies d’un organisme à l’autre vient de deux variables : le temps d’exposition et la distance.
Evoquée dans les pages précédentes, voici une question à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse : les seuils maxi d’émission de polluants inhalés par l’ouvrier durant son activité professionnelle tiennent-ils compte des polluants identiques inhalés par ce même individu durant le reste de sa journée ?
En effet l’INSERM où les conventions professionnelles traitent les valeurs maximales d’exposition journalières aux émissions de polluants sur un gap de huit heures, voir pour des situations extrêmes sur des tranches de trois heures. Les organismes de surveillance de la qualité de l’air, travaillent sur des tranches de 24 heures, ou sur des nombres maximums de jours d’expositions par an, ou encore sur une valeur moyenne annuelle.
Les notions de proximité des sources polluantes sont aussi très différentes. Entre un ouvrier du BTP devant le tractopelle ( à un mètre ) respirant abondamment les PM 2,5, les PM 1,0 dues au travail de la pelle pendant un laps de temps court et le francilien ( à 50m ) de la voie express toute l’année dans son appartement avec vue sur les bouchons les situations sont très différentes.

Les seuils arrêtés par les uns intègrent-ils les seuils définis par les autres pour des périodes différentes de la journée d’un travailleur lambda ? Si vous avez la réponse nous la publierons en annexe.

 Voici terminée l’analyse des PM .  

Par ailleurs les seuils peuvent être contradictoires, c’est ce que vous découvrirez dans la suite de ce chapitre autour des NOx autres polluants produits par nos pauvres automobiles, nos activités de sales humains, mais pas que ça !

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